Hommage à jacques piette ancien maire d'hénin-beaumont

Ancien adjoint au maire socialiste de Livry-Gargan Alfred-Marcel Vincent (1961-1995), ancien conseiller régional socialiste, Jean-Jacques Piette milite toujours au sein de la section socialiste de Bondy. Il vient de publier un livre sur « le colonel Personne », du nom d’un grand résistant, son père, ancien dirigeant de l’OCM (Organisation civile et militaire) qui aurait eu 100 ans en 2016.

 

Aujourd’hui âgé de 76 ans, l’ancien président du Comptoir des Entrepreneurs a besoin de régler ses comptes avec son « paternel », comme il l’appelle. Jacques Piette qui fut pendant 20 ans maire socialiste d’Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, ville aujourd’hui gérée par le Front national, est en fait un homme qu’il a peu connu. « J’ai été élevé à une époque où les enfants n’avaient pas le droit de parler à table », confie-t-il.

 

Jean-Jacques ne posera donc aucune question à l’ancien combattant de la Guerre d’Espagne, Compagnon de la Libération, à qui de Gaulle en personne avait donné le peu banal nom d’emprunt « Personne ». « Lourd à porter. Même pour écrire mon livre ça m’a compliqué la tâche. Allez faire une phrase qui commence par un mot négatif : Personne est allé. Impossible », illustre-t-il.

 

Jusqu’en 1985, le père et le fils ne s’adressaient même plus du tout la parole. « Je ne lui ai toujours pas pardonné ce qu’il a fait à ma mère : la quitter pour une autre, plus jeune », raconte le fils.

 

En 1985, cinq ans avant sa mort, le père tente une approche, appelle son fils pour déjeuner et lui raconter sa vie. « Nous nous connaissons mal… Tu as une vision du père déformée par la vie quotidienne, nos incompréhensions et mes silences sur ce passé terrible », lui a-t-il écrit.

 

 

Parmi ce passé, il y a les 20 000 hommes de son réseau morts, ce que « Personne » n’a jamais pu se pardonner. « Papa, lâche Jean-Jacques, a laissé un testament où, à ce titre, il dit refuser les honneurs que la République a pour habitude de rendre aux anciens résistants lors de leur enterrement », poursuit le fils qui a du mal à cacher sa fierté.

 

Le père a donc régulièrement revu le fils pour lui raconter sa vie. « J’ai découvert un monde. Mais j’écoutais d’une oreille parfois distraite. Je le regrette aujourd’hui », avoue-t-il. Outre les faits de résistance, ses relations amicales avec Pierre Bérégovoy et les faits d’armes de ce dernier, Jacques Piette, ancien ouvrier verrier de la Plaine-Saint-Denis, dont la mère, Angèle Pécriaux, tenait un bistrot à Saint-Denis, fait partie, à la Libération, des fondateurs du « Parisien libéré » (devenu le Parisien) avec Emilien Amaury et Claude Bellanger.

 

 

 

Source: Le parisien

*« Jacques Piette, clandestin du socialisme du Front populaire aux années 1980 », aux éditions L’encyclopédie du socialisme, 12 cité Malesherbes, 75009 Paris. 13 €.
*« Jacques Piette, clandestin du socialisme du Front populaire aux années 1980 », aux éditions L’encyclopédie du socialisme, 12 cité Malesherbes, 75009 Paris. 13 €.

Le député Philippe Kemel, élu de la circonscription d’Hénin-Carvin , et ses collègues du Pas-de-Calais, Brigitte Bourguignon, Guy Delcourt, Yann Capet et Jean-Jacques Cottel, ont accueilli dans un salon de l’Assemblée les membres de la famille de l’ancien maire d’Hénin-Beaumont et son fils Jean-Jacques, qui vient d’écrire une biographie de son père, « Jacques Piette, clandestin du socialisme du Front populaire aux années 80 » éditée par la Fondation Jean-Jaurès.

 

Philippe Kemel se souvient de ces discours qu’il écoutait jeune militant, dans lesquels Jacques Piette expliquait aux militants qu’il y avait bien « une manière de gauche de planter un arbre » ! Un débat encore très présent dans l’actualité du jour ! « Quand on pense à gauche, on agit différemment » disait cet homme qui a « fait en sorte que la gauche puisse être un jour au pouvoir » en 1981. « Le visage d’Hénin-Beaumont qui, hélas, n’évolue plus beaucoup est celui que lui a donné Jacques » a souligné Philippe Kemel. Et c’est précisément « la volonté d’appropriation » de la mémoire de Jacques Piette et de son action par l’actuel maire Front national Steeve Briois qui est aujourd’hui « insupportable » pour son fils et les élus socialistes réunis à l’Assemblée mardi. Claude Bartolone venu conclure cette réception l’a rappelé lui aussi : « célébrer un élu, on ne peut le faire que quand on se reconnaît dans ses valeurs »...

 

Source : La voix du nord